Les transferts culturels dans les mondes normands médiévaux (VIIIe-XIIe siècle) : objets, acteurs et passeurs

5-7 octobre 2017, Caen, Amphithéâtre du Musée des Beaux-Arts de Caen

(resp. P. Bauduin et L. Bourgeois)

 

Organisée dans le cadre du programme « Transferts culturels et liens sociaux dans les mondes normands médiévaux (VIIIe-XIIe siècle) », cette rencontre sera l’occasion de discuter les objets, acteurs et passeurs des transferts culturels.

Les objets des transferts culturels sont innombrables. En raison d’un positionnement historiographique d’abord centré sur les échanges intellectuels, certains aspects ont été privilégiés telles les traductions, la circulation des manuscrits, la diffusion des idées, des savoirs, des thèmes et des genres littéraires, des influences artistiques. D’autres éléments, comme la langue, la religion, le droit, ont reçu une attention particulière car considérés comme des facteurs important de différenciation (bien que leur valeur comme « signe de distinction » soit discutée), pour jauger des résistances ou des adaptations ainsi que des stratégies mises en œuvre par les différents acteurs des échanges culturels.

Ces aspects sont particulièrement importants pour les mondes normands aux frontières de la (ou plutôt des) Chrétienté(s) dans le monde scandinave, en Europe orientale et en Méditerranée, qui connaissent des évolutions linguistiques de grande ampleur pendant la période (« scandinavisation » ; « latinisation » ; diffusion du français ; place, statut, maintien ou résurgence de langues parlées avant la conquête dans les îles Britanniques et dans les zones hellénophones ou arabophone de l’Italie normande) et d’intenses débats sur la formation des régimes juridiques. D’autres domaines moins fréquemment abordés dans la perspective des transferts culturels pourront cependant être examinés.

Il s’agira par ailleurs de réfléchir à l’organisation possible de nos connaissances, en évaluant la pertinence de cadres d’analyse proposés selon les catégories d’objets (ex. P. Burke qui distingue « artefacts » (y compris architecture et images) ; « texts » ; « practices »[1]) ou leur variabilité (objets matériels et immatériels (ex. idées savoirs, symboles), mutabilité (= la capacité ou l’aptitude à subir des transformations), mobilité[2]).

Le rôle et l’implication des acteurs des transferts est évidemment déterminant pour comprendre les processus à l’œuvre et leur analyse ouvre la voie à une sociologie des transferts qui concerne des communautés plus ou moins larges. Certains acteurs ont, individuellement ou en groupe, de par leur statut ou leur fonction, un rôle spécifique dans les transferts (ambassadeurs, missionnaires, marchands, interprètes, traducteurs, certaines catégories ou groupes d’artisans etc.). Toutefois au-delà d’une typologie fonctionnelle ou sociale il convient de réfléchir sur l’aptitude à initier ou promouvoir un transfert, sur le degré d’implication des acteurs, les motivations qui les poussent à agir. Pour les périodes qui nous occupent, les deux niveaux (statut, rôle) se superposent fréquemment dans l’analyse : on perçoit mieux le rôle des élites, dont le genre de vie et la mobilité prédisposent mieux aux transferts culturels ; celui des femmes a commencé également à être exploré et l’un des objectifs du projet sera de s’interroger sur le rôle d’autres acteurs (tels les artisans) et de prendre en considération les réévaluations portées récemment sur certaines catégories. Au-delà, il conviendra de restituer les réseaux et solidarités qui peuvent agir comme support – ou comme frein – aux transferts et d’atteindre, dans la mesure du possible, la participation des individus aux changements culturels aux travers d’expériences personnelles.

Les propositions de communication sont à envoyer, avec un court résumé, pour le 15 novembre 2016 à l’adresse suivante : pierre.bauduin@unicaen.fr ou luc.bourgeois@unicaen.fr



[1] P. Burke, Cultural hybridity, Cambridge, 2009, p. 12 et suiv.

[2] FranceMed, « Introduction à l’étude des transferts culturels en Méditerranée médiévale. Aspects historiographiques et méthodologiques », in Construire la Méditerranée, penser les transferts culturels… p. 14-44

 
   

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